« Le chant grégorien est avant tout une prière, mieux : la prière de l’Eglise catholique arrivée à sa plénitude d’expression. Il est donc une chose d’âme et se situe sur un plan supérieur, comme toute la liturgie, dont il participe est inséparable : il est une spiritualité, une manière d’aller à Dieu, de conduire les âmes à Dieu » (Dom Gajard, La méthode de Solesmes)
« Dans la mélodie grégorienne, l’expression n’est pas, comme dans notre musique, le résultat de la surprise, de la dissonance, de l’irrégularité ; non elle résulte de l’ordre général, de l’équilibre parfait, de l’harmonie constante de toutes les parties, du charme irrésistible qui se dégage de sa perfection. » (Dom Mocquereau)
« Avec le chant grégorien, il faut le reconnaître, nous sortons de la musique proprement dite, je veux dire du domaine proprement esthétique, artistique et musical. Si, par la langue dans laquelle il s’exprime, il appartient matériellement à la musique, il dépasse infiniment par sa fin la musique. C’est à Dieu tout seul qu’il s’adresse, et non aux fidèles, sinon secondairement et comme par surcroît. » (Dom Gajard, Les plus belles mélodies grégoriennes.)
«Très franchement, je pense qu’il n’y a qu’une seule musique liturgique valable : le plain-chant. On n’a jamais fait mieux et on ne fera jamais mieux ! D’une part, parce que c’est une musique monodique, composée à une époque où l’on ne connaissait pas l’embarras de l’harmonie et des accords. Le seconde raison, qui me remplit d’admiration : le plain-chant n’a pas d’auteur, il a été écrit par des moines anonymes. Cela paraît extraordinaire ! Je n’imagine pas un compositeur du XXe siècle se refusant à signer son œuvre.» (Olivier Messiaen, «Le musicien de la joie», entretien avec Olivier Messiaen, in Du côté de la Trinité, journal de la paroisse de la Trinité, n° 2 de mars 1991, reprint in Musica et Memoria, n° 42 de juin 1991 (pp. 22-27).)
« Il faut rendre aux hommes une signification spirituelle, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien » (Saint-Exupéry).